« Combien de temps pour avoir ma montre ? » C’est souvent la première question d’un appel, parfois avant même qu’on ait parlé du design. Beaucoup de fondateurs ont déjà une date en tête, souvent une campagne de financement participatif ou un salon.
Mes propres projets donnent la fourchette. Une montre est arrivée sur le marché six mois après le début du travail. Une autre a demandé deux ans et demi. Les deux ont reçu le même soin. La différence est venue de la clarté du projet au départ, et de la difficulté à fabriquer la montre.
Comme ordre de grandeur, pour un projet standard : environ 10 semaines à 3 mois du concept au tech pack, puis plusieurs mois pour les prototypes et la production, souvent autour d’un an au total. Chaque projet reçoit ensuite son propre calendrier dans la proposition.
La phase de design
C’est là que la montre prend forme. Nous parlons de l’histoire et de l’intention qui la portent, je fais les premiers croquis, puis je travaille les proportions, les vues de face et de profil, et les volumes en 3D. Le mouvement est choisi tôt, parce qu’il fixe la hauteur de la boîte et la taille du cadran.
Au studio, nous imprimons la montre en résine à taille réelle pour vérifier les dimensions et l’essayer au poignet. Il faut parfois une deuxième ou une troisième impression pour régler un détail. Ces quelques jours font souvent gagner des semaines à l’usine.
Le tech pack et les premiers échanges avec l’usine
Une fois le design validé, je prépare le tech pack : vues, pièces, matières, finitions, couleurs. L’usine le lit et pose ses questions, et je réponds en mettant les plans à jour. Je préfère faire cela par écrit, parce que les équipes sont souvent dans des pays différents et qu’un e-mail garde la trace de chaque décision. Cette phase se termine quand l’usine a tout ce qu’il lui faut pour réaliser un premier échantillon.
Prototypes et production
L’essentiel du temps se passe à l’usine. Elle fabrique les pièces et assemble un premier échantillon. Nous vérifions les formes, les finitions, les couleurs et le confort ; si quelque chose doit changer, l’usine réalise un échantillon corrigé. Une fois l’échantillon validé, la production peut démarrer, puis viennent l’assemblage, le contrôle qualité et la livraison.
Je reste en contact avec l’usine tout du long, et je vais voir les fournisseurs quand c’est possible. Comme les volumes ont déjà été validés en résine, le premier échantillon en métal est en général beaucoup plus proche du but.
Quand ça va vite
La montre sortie en six mois était un projet où tout s’alignait. Le brief était clair et cohérent dès la première discussion, j’ai vu le design tout de suite, et le client et moi allions dans le même sens. Le design est venu vite et le premier prototype était juste du premier coup. La production a suivi sans détour.
Pour aller aussi vite, il faut des étapes claires et un projet compréhensible dès le premier jour. Il faut aussi un client disponible, qui se coordonne avec nous, s’adapte quand il le faut et partage la même vision.
Quand ça prend plus de temps
Pour la montre qui a demandé deux ans et demi, le concept était clair dès le départ, et j’avais la vision. Toute la recherche portait sur l’exécution : réaliser cette forme et la construire, la rendre confortable au poignet, raconter l’histoire qu’elle porte.
Le premier prototype ne correspondait pas à la vision que nous avions, alors nous avons réajusté et refait des essais, et chaque tour a ajouté du temps. Une fois la forme juste, les finitions et l’exécution devaient être d’une grande propreté. Puis, en production, il fallait que le fournisseur puisse suivre. C’est là que passent les mois.
Les autres raisons courantes d’un calendrier plus long :
- Les métiers d’art, comme l’émail, la gravure, les cadrans en pierre ou la peinture à la main, qui dépendent du planning de l’artisan.
- La complexité technique : un chronographe ou une autre complication demande plus de temps qu’une trois aiguilles.
- Les petites quantités : tous les fournisseurs n’acceptent pas les petites commandes, la recherche est donc plus longue.
- La recherche du bon atelier pour un savoir-faire très particulier.
- Les congés des usines, comme le Nouvel An chinois en Asie ou la pause d’été en Europe.
Garder le calendrier sous contrôle
Beaucoup de retards peuvent être évités. Le plus utile est un brief clair dès le départ, avec votre histoire, votre cible, vos quantités et votre prix de vente : il épargne des allers-retours. Choisir le mouvement tôt évite de redessiner la boîte, et tester en résine avant le métal économise des échantillons. On sous-estime souvent l’importance de répondre vite à l’usine : chaque jour d’attente ajoute un jour au projet.
Préparer votre lancement avec nous
Si vous avez une date en tête, pour une campagne de financement participatif, un salon ou un anniversaire de marque, dites-le-nous dès le premier message. Chez ACTE.5, nous construisons avec vous un calendrier réaliste, phase par phase, avant que le travail ne commence.



